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La Ballade du Vent

Le conte d'une fée des vents
Dis-moi
Le conte d'une fille disparue
Je veux
Épilogue

Auteur: Simona Gandrabur
Compositrices: Simona Gandrabur et Ioana Gandrabur



Le conte d'une fée des vents


Vous-souvenez-vous du temps encore
Où vous croyiez aux châteaux d'or,
Aux contes de fées et magiciens?
Moi, c'est sûr que je me souviens.
Fermez vos yeux et laissez-moi
Vous raconter une petite histoire...

Dans un village pas loin d'ici,
À l'orée d'une grande forêt,
Il n'y a pas tellement longtemps,
Un jour avec beaucoup de vent,
Comme de nulle part apparut
Une ravissante inconnue.

Un jeune homme, en la voyant
Tomba amoureux d'elle
Et ensemble ils vécurent,
Un tendre amour, tant de journées belles.
Jusqu'au matin où, sans sourire,
Elle lui dit qu'elle doit partir...


Dis-moi...


Lui:
"Dis-moi, dis-moi donc pourquoi
Tu ne restes pas ici?
Reste ici auprès de moi,
Je t'aimerai pour toute la vie!"

Elle:
"C'est le vent qui a tourné
Et m'emporte loin de toi.
Je ne peux pas lui résister,
Mon amour, je n'ai pas le choix."

Lui:
"Dis-moi quand je vais te revoir?
Dis-moi si tu vas revenir?
Donne-moi un peu d'espoir,
Dans l'attente je vais languir."

Elle:
"Quand le vent tournera
Et soufflera de la forêt,
Je reviendrai auprès de toi,
Quand? Seulement le vent le sait."

---

Lui:
"Dis-moi, dis-moi alors au moins
Dis-moi si je vais te manquer?
Lorsque tu seras au loin,
De notre amour vas-tu te rappeler?"

Elle:
"Là où le vent m'emportera
Je me donnerai tout entière.
Pour le temps que ça durera,
Mon amour, tu ne me manqueras pas.

Mais lorsque le vent enfin
Aura des parfums de sapin
Et la forêt chuchotera
Je reviendrai auprès de toi

Et me donnerai tout entière
Pour le temps que ça durera.
Faite de vent et de lumière,
J'apporte l'amour, ici et là."


Le conte de la fille disparue


N'ouvrez pas encore vos yeux,
car le conte n'est pas fini,
ou plutôt, pas commencé.
Vous la croyez peut-être maintenant
Un peu cruelle, notre fée des vents...

Laissez-moi vous emporter,
Encore plus loin dans le passé,
Il y a vraiment longtemps,
Quand la magie, l'imaginaire
Étaient tout naturellement
Mélanges au monde présent.

Dans ces temps les troubadours
Parcouraient de long en large,
Les citadelles, les petits villages
En chantant devant des foules
De gens tout émerveillés
Des ballades fantastiques
Et des petits contes de fées.

Et ils chantaient parfois l'histoire
Mystérieuse et un peu triste
D'une belle jeune fille qui un soir
A disparu, sans traces, sans pistes
Et que l'on croyait emportée
Par le vent de la forêt.

Car, dans un petit village,
À l'orée d'une grande forêt
Avait vécu une fille si belle
Qu'elle ne semblait pas destinée
Pour notre monde usuel -
On aurait presque dit une fée.

Tous les hommes du village
En avaient perdu la tête.
Et chacun des jeunes libres
Que n'aurait-il pas donné
Pour qu'elle pose sur lui le choix
De son coeur jamais touché.

Hélas, elle resta distante
Et toujours indifférente
À leur amour et leur désir,
À leur tristesse et leurs soupirs.

Car, sans que personne le sache,
elle avait déjà trouvé
Un amour troublant, puissant,
pour le seul qui avait su,
faire frémir son corps brûlant:
l'immortel Zéphyr, le vent...


Je veux...


"Oh vent, oh vent de la forêt
Que je m'ennuie de toi!
En respirant ton air musqué
je veux t'avoir dans moi.

Je veux, te veux, je veux tellement
Que je pourrais pécher,
Ton souffle sur mon corps brûlant
Qui me laisse si troublée.

Et quand tu souffles vite et fort
Je voudrais que tu me prennes,
Et doucement soulève mon corps
Au dessus des bois et plaines.

Allez, allez, viens près de moi,
Descends dans mon lit!
Je ne désirerai plus que toi
Pour toute ma vie."

...

"En entendant ton appel
Pressant et enflammé,
En te voyant toute chaude, toute belle
J'ai peur de céder.


Car si je descendais, ma belle,
Dans ta fragilité,
Je perdrais pour toujours mes ailes,
Mon immortalité.

Mais si tu venais avec moi,
Je t'emporterais la haut,
Comme un pétale de rose en soie,
Je te porterais sur mon dos.

Parfois je vais te déposer,
Le temps de prendre mon souffle,
Mais dès que je serai reposé
Je viendrai te chercher."

....

"Oh vent, je viendrais avec toi
Mais j'ai un doute: j'ai peur
Que chaque fois que tu me déposeras
Ça me brisera le coeur."

"Ma belle, quand je te déposerai
Si tôt tu m'oublieras
Mais lorsque je reviendrai
Tu seras de nouveau à moi.

Avec ce sort que je vais jeter
Tu vivras dans le présent,
Sans nostalgie pour le passé -
Unis pour tous les temps.

Oublie ton existence d'ici,
Oublie ton passé
Et enfin nous serons unis
Pour toute l'éternité."

...

Je veux, te veux, je veux le vent ...
Unis pour tous les temps...
Dis-moi, dis-moi, dis-moi quand...

Je veux, te veux, je veux le vent ...
Unis pour tous les temps...
Dis-moi, dis-moi, dis-moi quand...


Épilogue


Est-ce que vous auriez cru maintenant
Que les deux, la fille, le vent
Vivraient heureux pour tous les temps?

Ils avaient sous-estimé
Le poids de l'éternité
Et oublié pour un instant
Le pouvoir du temps présent.



  © 2005 Simona Gandrabur et Ioana Gandrabur

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